La conférence The Third Culture Kids: Costs and Benefits of Living in the Multicultural Worlds, tenue le 22 mai 2025 et donnée par la professeure Anna Kwiatkowska (Institute of Psychology, Académie Polonaise des Sciences), a abordé les avantages et les défis de la vie des enfants de la troisième culture (TCK) et l’impact sur leur identité, leur bien-être et leur adaptation sociale.

Les enfants de la troisième culture (TCK) sont des individus qui ont grandi dans des environnements multiculturels, se déplaçant souvent entre différents pays au cours des années clés de leur développement. Ce phénomène concerne les enfants élevés en dehors de la culture du pays de leurs parents, vivant dans des environnements très mobiles et internationaux. La conférence s’est appuyée sur la définition classique des TCK, soulignant une manière unique de former l’identité et l’appartenance. Comme l’a souligné la professeure Anna Kwiatkowska, ces enfants ne s’identifient pas explicitement à une culture nationale, mais constituent ce que l’on appelle une troisième culture : un système commun de valeurs de personnes élevées dans la mobilité, l’interculturalisme et la diversité.

L’une des questions clés abordées lors de la conférence était l’identité culturelle et la manière de gérer le multiculturalisme. Trois stratégies de gestion de l’identité multiculturelle ont été présentées : la catégorisation (choisir une culture comme dominante), la compartimentation (passer d’une identité à l’autre en fonction du contexte) et l’intégration (combiner des éléments de cultures multiples en une identité cohérente). Selon la recherche, l’intégration de l’identité est corrélée à des niveaux plus élevés de bien-être psychologique, de satisfaction de la vie, d’ouverture mentale et d’attitudes pro-environnementales. En revanche, les personnes qui catégorisent ou compartimentent leur identité éprouvent souvent de plus grandes difficultés émotionnelles et un sentiment d’aliénation.

Malgré les aspects difficiles, notamment la perte de relations, les déménagements fréquents ou le sentiment de ne pas être enraciné, de nombreux enfants TCK soulignent les capacités uniques acquises grâce à ce mode de vie, notamment des compétences sociales très développées (par exemple, la capacité à « lire » les émotions et le comportement des gens), la facilité à établir des relations, la maîtrise de la langue et une vision élargie du monde.

Comme l’a souligné la professeure Anna Kwiatkowska, les résultats des recherches montrent que les TCK sont plus souvent mieux formés que leurs pairs (81 % d’entre eux obtiennent une licence et beaucoup poursuivent leurs études en master et en doctorat), qu’ils occupent des postes plus élevés et qu’ils sont plus enclins à s’engager dans la société.

Contrairement à l’attention habituellement portée aux problèmes des TCK, la conférence a souligné qu’avec un soutien approprié et des opportunités d’intégration culturelle, les enfants TCK développent des ressources mentales et sociales uniques qui leur permettent de fonctionner efficacement dans un monde globalisé.