La conférence « Current geopolitical challenges and threats: international order in the 21st century », organisée par l’Académie Polonaise des Sciences Centre Scientifique à Paris, en coopération avec l’Institut d’études de géopolitique appliquée, l’Institut des Etudes Politiques de l’Académie Polonaise des Sciences et l’Association des étudiants polonais en France, a offert l’occasion d’une réflexion approfondie sur les défis qui façonnent l’ordre international contemporain, ainsi que de souligner la complexité croissante des menaces mondiales et la nécessité de développer des mécanismes de coopération efficaces.
Le discours d’ouverture du professeur Mathias Delori, « Breaking cycles of vengeance », a porté sur l’analyse de cas historiques de violence et sur la question de savoir s’il est possible de rompre la spirale de la vengeance qui alimente les conflits. Il a évoqué les relations franco-allemandes après la Seconde Guerre mondiale, la guerre froide et la guerre mondiale contre le terrorisme, mettant en lumière la force des actions et initiatives non violentes, ainsi que la nécessité de rechercher des voies alternatives pour construire la paix dans un monde où la violence est encore perçue comme un outil efficace.
Le programme de la conférence comprenait des présentations et des tables rondes sur les récits stratégiques qui façonnent l’ordre mondial, ainsi que sur le rôle de l’ESG dans la politique étrangère. Les débats « The New Space Race: private rockets, public goals ? » consacré au rôle croissant du secteur privé dans l’exploration spatiale, et « Cyber warfare: the new front line of global conflict ? » qui a souligné l’importance du cyberespace comme nouvelle arène de rivalité entre États et acteurs non étatiques, ont particulièrement retenu l’attention.
Au cours de la conférence, Antoine Godbert a présenté un exposé sur le retour des idées de Ratzel dans le contexte des tensions géopolitiques contemporaines. Intitulée « The Return of Ratzel », son intervention a montré comment les processus actuels, de la guerre en Ukraine à la révolution numérique, ravivent d’anciennes conceptions de l’État organique, l’importance des réseaux et de la propagande, et posent la question d’une nouvelle « Renaissance » dans les relations internationales. Le Dr Pierre Thévenin a quant à lui abordé la question de la protection des câbles sous-marins dans la région de la mer Baltique, soulignant les lacunes juridiques de la CNUDM et proposant des solutions législatives et techniques pour renforcer la résilience des infrastructures critiques. Dans son intervention intitulée « Beyond States : Armed Groups and the Future of International Relations », Karolina Siekierka a attiré l’attention sur le rôle croissant des groupes armés dans la structuration des relations internationales. À partir de l’exemple du conflit au Yémen et des activités des Houthis, elle a montré comment ces groupes armés non étatiques assument des fonctions étatiques, influencent les acteurs politiques traditionnels et deviennent des partenaires dans les négociations de paix, ce qui soulève des questions sur l’avenir du droit international et son efficacité.
La conférence s’est conclue par une réflexion sur la manière de combiner, face à l’augmentation des menaces et des incertitudes, les perspectives historiques, juridiques, technologiques et éthiques, afin de construire un système international plus résilient et durable. Le message central de l’événement a été la nécessité de redéfinir les stratégies de sécurité dans un esprit de responsabilité et de coopération, en prenant en compte les domaines traditionnels ainsi que les nouvelles zones de rivalité.







